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On contrôlait leur chargement
L’un après l’autre par tous les temps
Y avait les wagonnets qui roulent
Y avait les wagonnets qui volent
Ils transportaient l’béton du Châble
Pour être vidé dans les coffrages
Pour être coulé dans les forages
Les grilles les fers les armatures
Et roule roule roule
De Bonatchiesse à Mauvoisin
Et roule roule roule
Pendant qu’les ouvriers pellaient pellaient pellaient
Sous le barrage
Sous les tunnels sous les orages
Une main toujours prête à faire feu
Pour faire sauter la dynamite
Et roule roule roule
De Bonatchiesse à Mauvoisin
Et roule roule roule
Y avait les wagonnets qui crachent
Au d’ssus du glacier de Giétroz
Y avait les wagonnets apaches
Au d’ssus du vide et des oiseaux
Y avait les wagonnets qui tombent
Emportés par les eaux d’la Dranse
Les wagonnets qui dansent
Les wagonnets qui brûlent
Comme on brûle d’envie d’en finir
Avec les grues, l’marteau-piqueur
Qui trouait l’vide du Mont-Pleureur
Et roule roule roule
De Bonatchiesse à Mauvoisin
Et roule roule roule
Pendant qu’les ouvriers pellaient pellaient pellaient
Sous le barrage
Sous les tunnels sous les orages
Une main toujours prête à offrir
Encore une fleur avant d’partir
Et roule roule roule
De Bonatchiesse à Mauvoisin
Et roule roule roule
On contrôlait leur chargement
L’un après l’autre par tous les temps
Y avait les wagonnets qui roulent
Y avait les wagonnets qui volent
Ici l’hiver recouvrait tout
La neige assassinait les anges
Même les traces des fantômes
Ceux qui résistaient sous les granges
Un jours deux gars sont r’descendus
A la Noêl sous l’avalanche
C’était deux gars d’ici connus
Qui voulaient faire la fête
Pendant qu’les wagonnets volaient volaient au d’ssus d’leur têtes
Et roule roule roule
De Bonatchiesse à Mauvoisin
Et roule roule roule
Là où revenu d’la Dixence
Un jour Lili jour s’est arrêté
Un ouvrier au coeur immense
Qui vivait seul avec son chat
On le nomma gardien du monde
Avec un wagonnet pour lui
Pour surveiller l’niveau de l’eau
De l’Epicoune à l’au-delà !
On le nomma gardien des ombres
Avec un wagonnet aux anges
Pour surveiller l’niveau des tombes
Comme en juin 1818
Quand l’glacier roula sur l’enfer
Semant la mort jusqu’à plus rien
Alors que l’beau temps lui rev’nait toujours d’Italie
Et roule roule roule et roule roule roule
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